En ma qualité de Conseiller Territorial je représente l'Assemblée de Corse au conseil d'administration de l’un des 4 établissements insulaires dans lequel sera expérimenté en 2010/2011 le programme national « Cours le matin, sport l'après-midi ».
J’ai voté contre cette expérimentation car je m’interroge sur la pertinence d’une mesure gouvernementale destinée à appliquer en France le modèle allemand au moment où nos voisins veulent l’abandonner au profit du modèle… français !
En dépit de certains aspects pédagogiques intéressants, ce qui me préoccupe c’est que l'État n'a absolument pas les moyens de mettre en œuvre une politique de ce type dans des conditions satisfaisantes.
D'ailleurs, le gouvernement en a t'il la volonté ? Comment croire en effet, que l’on souhaite assumer les
activités sportives de l’après midi quand actuellement, 1 seul professeur d'éducation physique et sportive est remplacé pour 3 qui partent à la retraite ? C’est comme cela que 4500 postes d’EPS ont été supprimés en cinq ans.
On peut redouter que les collectivités locales seront à nouveau mises à contribution pour assumer les frais d'animation de l'après midi et la construction des équipements sportifs supplémentaires qui seront nécessaires. N'oublions pas que les mairies sont déjà chargées de gérer le temps de l’enfant libéré par le soir dans le cadre des activités périscolaires, le mercredi et le samedi avec le passage à la semaine de 4 jours.
Ce nouveau transfert financier aux collectivités locales ne ferait qu’accentuer les inégalités entre les territoires en fonction de leur richesse. Une éducation nationale à deux vitesses expose la Corse, qui est une région pauvre, rurale et mal équipée, et notre jeunesse à une nouvelle régression sur un service public essentiel.
Un service public, auquel je considère que l'on ne prête pas une attention suffisante en Corse, sans cela on n' accepterait pas, par exemple, de raccourcir l'année scolaire sans justification sérieuse. Je veux parler de la rentrée scolaire retardée (cette année elle se déroulera le 9 septembre, le 10 sept pour le primaire, au lieu du 2 septembre partout ailleurs) dont chacun sait qu'elle absolument pas compensée par un prolongement de l'enseignement en été car les enfants quittent en réalité aux même dates qu'auparavant.
consultez le site du ministère : http://www.education.gouv.fr/cid52813/experimentation-cours-le-matin-sport-l-apres-midi.html.


Bonjour,
on constate que les grands lycées (Henri IV, Thiers et les autres) ne font pas partie de la liste des 124...
Rédigé par : fantômette | 23 août 2010 à 09:57
Un énième exemple illustrant le manque de visibilité des projets et des réformes amorcés par ce Gouvernement de pacotille. Doit-on rappeler que la réforme de la taxe professionnelle a jeté un poids considérable sur les finances des collectivités ? Dans une politique qui se place en désaccord avec la notion de décentralisation et réduit significativement la latitude accordée au levier fiscal, il est irresponsable de produire davantage de réformes qui nuiront, in fine, aux collectivités. Concernant l’éducation, ces dernières sont d’ailleurs grevées de compétences matérielles instituées par les lois de décentralisation de 1982. J’imagine, et Mr Tatti le souligne judicieusement, que les moyens accordés à cette politique puiseront généreusement les caisses de nos collectivités. Quid de la dotation générale de décentralisation ? Sera-t-elle majorée pour éviter à juste titre de plomber des budgets de fonctionnement déjà étriqués ? Beaucoup de questions et peu de réponses … la droite libérale prend position sur les questions de trésorerie lorsqu’elle estime que la classe aisée paie trop d’impôts ou que Mr Woerth n’a évidemment jamais confondu l’argent public de celui de son compte en banque…
Et ne parlons même pas des compétences partagées avec l’Etat concernant les investissements nécessaires à la mise en œuvre d’un tel changement. Les infrastructures sportives coutent chères, particulièrement en Corse…
Concernant les retombées d’un changement du système scolaire, j’avoue ne pas trop savoir quoi en penser. Nous ne pouvons pas nous targuer d’avoir un modèle pédagogique hors du commun. Je considère l’expérience intéressante à condition qu’elle soit parfaitement paramétrée.
Rédigé par : Vincent Sanci | 22 août 2010 à 21:23
Encore et toujours le désengagement de l'état!!!!
après l'expérience d'une semaine à 4 jours dont on peut se demander encore quels sont les avantages en premier lieu pour les enfants,doit on une nouvelle fois se substituer à l'état par le biais des collectivités locales alors que l'école et l'éducation sont un des piliers majeurs de tout gouvernement qui se respecte!
Une énième expérimentation,une de plus dont on évaluera dans 20 ans les dégâts sur une jeunesse devenue alors active avec un peu de chance...Faire le bilan de toutes les réformes déjà éprouvées me semble plus logique et intelligent,et par là même en tirer les conséquences qui s'imposent et les voies à suivre
Et n'oublions pas ce que créera d'inégalités entre les régions riches et celles moins bien loties,à une période où les tensions sociales sont de plus en plus exacerbées
L'éducation de nos enfants est une chose bien trop importante et précieuse pour l'Avenir pour laisser faire Mr Sarkosy et ses sbires qui ne se souviennent même plus sur quels bancs ils ont usé leurs fonds de culotte,quand à présent ils sont assis confortablement dans leurs fauteuils parisiens.....
Rédigé par : marie-claire POGGI | 22 août 2010 à 18:49
« Mr le conseiller, je partage bien évidement votre scepticisme. en effet, il est opportun de s'interroger sur les bienfaits de la mise en pratique d'un nouveau système éducatif emprunté et calqué sur nos voisins européens. D'autant plus, quand ces derniers tendent à le réformer pour s'inspirer du notre.
Cela prend même une forme comique, si je puis m'exprimer ainsi.
Par ailleurs, et dans sa finalité absolue, qui devra concrètement assumer cette réforme, puisqu'elle engagera de façon évidente des fonds, comme toutes les réformes.... si ce sont les collectivités locales qui en supporteront la charge, en effet, le jeu risque d'être très inégal. car, toutes ne disposent pas des même moyens techniques et financiers.
En la matière, promouvoir cette réforme consisterait à valider un renforcement des équipes éducatives et sportives, mais alors, qu'en est il de la réforme, qui nous annonçait une diminution des effectifs, et par là même, plus de la moitié des départs en retraite non remplacés????
On nage en plein paradoxe, non??
en conclusion, ce que j'imagine, m'inspire quelque chose de bien plus calamiteux, c'est que lorsque l'on a rien à proposer sur le plan politique, on propose des réformes.... et sur ce registre le gouvernement de droite semble vouloir nous proposer du vent, pour longtemps.....on ne panse plus les plaies profondes, mais surtout on prend soin de ne pas diagnostiquer leur origine.
Est ce que cette réforme peut répondre au malaise tant annoncé de notre système éducatif, seul le gouvernement veut nous le faire croire??????
Rédigé par : Jean Paul Orsini Leonetti | 22 août 2010 à 15:16